La charcuterie est-elle cancérigène ? Groupe 1 CIRC Tabac, alcool

La charcuterie est-elle vraiment aussi dangereuse que le tabac ?

Introduction

On entend souvent que la charcuterie est classée au même niveau que le tabac ou l’alcool concernant le risque de cancer. Cette affirmation est vraie… mais elle est aussi très souvent mal interprétée.

Beaucoup de personnes pensent alors qu’une tranche de jambon serait aussi dangereuse qu’une cigarette. En réalité, ce n’est absolument pas ce que signifie cette classification.

Voyons ce que disent réellement les données scientifiques.

Pourquoi la charcuterie est-elle classée Groupe 1 par le CIRC ?

Le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC), organisme dépendant de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), classe les agents selon la solidité des preuves scientifiques démontrant leur capacité à provoquer un cancer.

La charcuterie appartient au Groupe 1.

Cela signifie que :

  • les preuves scientifiques sont jugées suffisantes ;
  • une consommation régulière de charcuterie augmente le risque de certains cancers, notamment le cancer colorectal.

En revanche, cette classification ne mesure pas l’importance du risque.

Autrement dit :

Une tranche de jambon n’est pas aussi dangereuse qu’une cigarette.

Le tabac provoque un risque beaucoup plus élevé de développer un cancer. Le classement indique simplement que, dans les deux cas, le lien est scientifiquement démontré.

Quelle quantité de charcuterie est recommandée ?

En France, les recommandations nutritionnelles invitent à limiter la consommation de charcuterie à environ 150 g par semaine maximum.

Cela représente par exemple :

  • quelques tranches de jambon ;
  • quelques tranches de saucisson ;
  • ou plusieurs portions réparties sur la semaine.

Dans la catégorie des charcuteries, on retrouve notamment :

  • jambon blanc ;
  • jambon cru ;
  • bacon ;
  • lardons ;
  • saucisses ;
  • merguez ;
  • saucisson ;
  • pâté ;
  • rillettes.

Même le jambon blanc, souvent perçu comme un aliment « sain », fait partie des charcuteries.

 

Pourquoi la charcuterie peut-elle augmenter le risque de cancer ?

Plusieurs mécanismes sont actuellement évoqués par les chercheurs.

Les nitrites et nitrates

Certains produits utilisent des nitrites comme conservateurs.

Lors de la digestion, ils peuvent conduire à la formation de composés potentiellement cancérigènes appelés nitrosamines, selon différents facteurs.

Une teneur élevée en sel

La plupart des charcuteries sont particulièrement riches en sodium.

Une consommation excessive de sel est déjà associée à plusieurs effets négatifs sur la santé.

Les graisses saturées

Certaines charcuteries contiennent beaucoup de graisses saturées, dont l’excès est associé à une augmentation du risque cardiovasculaire.

Le fer héminique

La viande transformée contient du fer héminique, qui, consommé en excès, pourrait favoriser un environnement pro-oxydant susceptible de participer au développement de certains cancers.

Faut-il supprimer totalement la charcuterie ?

Non.

Le message des recommandations n’est pas d’interdire la charcuterie, mais de limiter sa fréquence de consommation.

L’alimentation repose sur l’ensemble des habitudes alimentaires.

Consommer raisonnablement de la charcuterie dans le cadre d’une alimentation variée n’a pas le même impact qu’une consommation quotidienne.

Manger des fibres est aussi quelque chose de protecteur.

Quelles alternatives à la charcuterie ?

Pour varier les sources de protéines, il est possible de privilégier :

  • les œufs ;
  • le poisson ;
  • les volailles non transformées ;
  • les légumineuses ;
  • le tofu et autres protéines végétales ;
  • les viandes fraîches non transformées.

Ces aliments permettent de diversifier son alimentation tout en limitant les produits transformés.

Ce qu’il faut retenir

Le classement de la charcuterie dans le Groupe 1 du CIRC signifie que le lien entre sa consommation et certains cancers est solidement établi.

Cela ne signifie pas qu’elle est aussi dangereuse que le tabac, mais qu’il existe des preuves scientifiques de son effet cancérigène.

L’objectif n’est donc pas de culpabiliser, mais simplement de respecter les recommandations :

  • limiter la charcuterie à environ 150 g par semaine ;
  • privilégier une alimentation variée ;
  • consommer davantage d’aliments peu transformés.

Ce sont souvent ces petits changements répétés au quotidien qui participent à la prévention des maladies chroniques.

 

FAQ sur la charcuterie

Est-ce que le jambon blanc est considéré comme de la charcuterie ?

Oui. Le jambon blanc fait partie des charcuteries, même s’il est souvent perçu comme un aliment plus sain.

Pourquoi la charcuterie est-elle classée comme le tabac ?

Parce que le classement du CIRC mesure le niveau de preuve scientifique, et non le niveau de danger. Le tabac reste bien plus dangereux.

Quelle quantité de charcuterie peut-on manger ?

Les recommandations françaises conseillent de ne pas dépasser 150 g de charcuterie par semaine.

Quelle est la meilleure alternative à la charcuterie ?

Les œufs, le poisson, les légumineuses, les volailles non transformées ou encore le tofu sont de bonnes alternatives pour varier les apports en protéines.
Un apport en vitamine C via certains fruits ou légumes, ça peut aider à inhiber la formation de nitrosamines en lien avec les nitrites.

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