« Couper le gras » : l’erreur nutritionnelle qui persiste (et pourquoi elle nous fait perdre du temps)
En nutrition, dire qu’il faut « couper le gras » pour être en bonne santé est aussi absurde que vouloir couper l’eau pour éviter de se noyer. C’est exactement le même problème avec ceux qui “coupent les glucides”
Le souci n’est ni le gras, ni les glucides. Le vrai problème, c’est le contexte, la quantité, la qualité… et la simplification excessive.
Les lipides ne sont pas un détail : ils sont structurels
Les lipides ne sont pas des calories « en trop ». Ils sont constitutifs du vivant.
Quelques rappels factuels, basés sur la physiologie humaine :
Le cerveau humain est composé à environ 60 % de lipides, principalement des phospholipides et des acides gras (dont le DHA).
Toutes nos membranes cellulaires sont lipidiques : sans lipides, pas de communication cellulaire, pas de transport, pas de vie.
Les vitamines A, D, E et K sont liposolubles : sans apport lipidique suffisant, leur absorption intestinale est fortement diminuée. → Autrement dit : manger “light” peut conduire à des carences.
→ Supprimer ou réduire drastiquement les lipides, ce n’est pas « purifier » son alimentation, c’est déséquilibrer un système biologique finement régulé.
Lipides et hormones : un lien souvent ignoré
Les lipides jouent un rôle central dans la synthèse hormonale, notamment :
cortisol
œstrogènes
progestérone
testostérone
Ces hormones sont stéroïdiennes, c’est-à-dire dérivées du cholestérol. Un apport lipidique insuffisant peut donc contribuer à :
troubles hormonaux
fatigue chronique
baisse de la libido
perturbations du cycle menstruel
récupération sportive altérée
Ce n’est pas une opinion : c’est de la biochimie de base.
Contrairement à ce qu’on entend encore trop souvent :
Les lipides ne “font pas grossir par magie”
Ils ont au contraire plusieurs effets bénéfiques sur la régulation alimentaire :
Ils ralentissent la vidange gastrique
Ils prolongent le temps de digestion
Ils stabilisent la réponse glycémique lorsqu’ils sont associés aux glucides
Supprimer ou minimiser les lipides, c’est souvent favoriser les grignotages et la relation conflictuelle à la nourriture.
Le vrai sujet : faire le tri, pas supprimer
En nutrition, on ne gagne jamais à raisonner à la hache
Le vrai travail consiste à qualifier les apports lipidiques :
À privilégier
Acides gras insaturés
Huiles végétales de qualité :
huile d’olive
huile de colza
huile de noix
Poissons gras (sardines, maquereaux, harengs)
Oléagineux (noix, amandes, noisettes)
Focus particulier sur les oméga-3, car ce sont ceux dont les apports sont le plus souvent insuffisants dans la population générale.
À limiter
Excès de produits ultra-transformés
Graisses dénaturées, oxydées, associées à des matrices alimentaires pauvres (vigilance si huiles hydrogénées ou partiellement)
Et surtout : adapter les quantités aux besoins individuels (âge, activité physique, pathologies, objectifs, contexte hormonal).
Et les glucides dans tout ça ? Même combat.
La mode actuelle de la diabolisation des glucides repose sur le même raisonnement simpliste.
Oui, l’excès de :
sucres libres
glucides raffinés
produits ultra-transformés sucrés
pose problème, notamment sur la glycémie, la santé métabolique et le risque cardiovasculaire.
Mais non, tous les glucides ne se valent pas.
Mettre dans le même panier :
légumes
fruits
légumineuses
céréales complètes et
sodas
viennoiseries
confiseries
… n’a aucun sens nutritionnel.
Là encore, le contexte, la matrice alimentaire et la fréquence comptent plus que le nutriment isolé.
Le corps humain n’est pas une poêle à dégraisser
C’est probablement le message le plus important.
Le corps humain est :
un système complexe
adaptatif
régulé
interdépendant
Il ne fonctionne ni par suppression brutale, ni par interdits rigides.
On n’améliore pas la santé en « coupant »
→ On l’améliore en équilibrant
En résumé
Les lipides sont indispensables à la vie
Leur qualité est très importante (notion d’acides gras essentiels)
Les glucides ne sont pas le problème en soi
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Landry – Diététicien Nutritionniste
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